TIPI et les Spurs à Paris
Devant 15000 personnes toutes acquises à sa cause, Tony Parker a mené de main de maître les Spurs à la victoire. Les champions en titre se sont en effet imposés 105-93 face aux Grizzlies, TP terminant meilleur marqueur de la rencontre avec 19 points au compteur. Mais plus que le résultat brut et les statistiques, l'événement de la soirée a été, comme attendu, la communion entre le public de Bercy et sa nouvelle icône.
Et soudain, IL est arrivé. Après un échauffement vite consommé une heure auparavant devant un POPB qui sonnait encore le creux, Tony Parker a alors reçu un hommage vibrant et plein d'émotion de la part du public. Bercy était en effet debout comme un seul homme pour célébrer le retour de l'enfant prodige parti il y a deux ans à la conquête de l'Amérique. Après quelques minutes d'attentes, TP pouvait prendre le micro pour remercier sa cour de fidèles venus assister à la représentation unique du NBA Circus et caresser du bout des yeux le rêve éveillé de leur idole.
Et l'émotion était bien partagée. La voix du meneur des Spurs avait en effet perdu de son assurance et c'est avec des trémolos au fond de la gorge que Tony Parker remerciait l'assistance, reconnaissant que pour lui aussi: «Cette soirée, c'est comme dans un rêve. On dit généralement que le public parisien est généralement difficile, aussi vous voir aussi enthousiaste me touche particulièrement. Que puis-je demander de plus ?» Après l'hommage du public pour sa vedette et réciproquement, il était alors temps de penser basket. Les 15000 dévots avec à leur tête l'équipe de France au grand complet voulaient en effet voir la vedette américaine à l'œuvre.
Le récital TP
Le début de match de l'ancien joueur du PBR fut toutefois timide. Les Spurs éprouvaient en effet quelques difficultés à se trouver sur le parquet et Memphis en profitait pour mener 12-7 après cinq minutes de jeu. Au contraire, avant de s'éteindre complètement par la suite, son vis à vis Jason Williams faisait le spectacle en délivrant un caviar à pleine louche à Pau Gasol après un tour de passe-passe dans le dos. Une offrande décisive en guise de remerciement au bon public parisien qui s'était bruyamment manifesté à l'appel de son nom. Le jeu flashy de l'ancien bad-boy des Kings est en effet resté dans les mémoires.
Malheureusement, le bonhomme s'est assagi et a eu bien du mal à tenir la comparaison face au chef d'orchestre tricolore. L'humiliation suprême, un petit pont que ne renierait pas un Zizou assis hier au premier rang interviendra d'ailleurs au cœur du troisième quart, au cœur du récital Parker.
Car durant la première mi-temps, le chéri de la foule l'a joué plutôt sobre avec 9 points au compteur à 2/4 aux tirs. Mais Duncan en attaque et Horry en défense veillaient au grain et permettaient aux champions en titre d'atteindre la pause avec 12 longueurs d'avance, un avantage acquis grâce à une profondeur de banc qui fait cruellement défaut aux Grizzlies. Comme lors des playoffs, TP choisissait donc le troisième quart pour servir show. Dribbles dans le dos, dribbles rasants, cross-over: Parker sortait la panoplie technique du parfait lutin et faisait enfler ses statistiques personnelles avec 10 points inscrits de rang dont un maître 3 points et un lay-up main gauche après avoir laissé son place son garde du corps. Des cerbères qui ne lui facilitaient d'ailleurs pas la tâche comme en atteste le retour plus que virulent de Jason Williams sur TP alors que ce dernier partait en contre-attaque. Un mauvais geste qui valut d'ailleurs au meneur des Grizzlies une impressionnate bronca.
Mais le public oublia rapidement cet épisode pour conclure comme il se devait la soirée hommage à son Petit Prince. Une dernière ovation remplit en effet l'enceinte du POPB alors que TP recevait le titre honorifique de meilleur homme du match. Avec 19 points en 32 minutes, Parker a donc lancé sa saison sur d'excellentes et reçu un magnifique témoignage d'affection qui devrait lui faire changer d'avis. Avant de toucher du doigt son immense popularité dans l'hexagone, Parker aimait répéter qu'il était plus connu aux Etats-Unis qu'en France...
La fiche de la rencontre :
San Antonio : 33 paniers (dont 6 sur 13 à 3 pts) sur 73 tirs - 33 LF sur 40 tentés - 48 rebonds - 22 passes décisives - 18 balles perdues - 29 fautes personnelles.
Marqueurs : Langhi (5), Marks (2), Horry (2), Carter (6), Nestorevic (14), Parker (19), Ayoso (3), Bowen (3), Turkoglu (10), Ginobili (13), Duncan (15), D. Brown (3), Rose (8), E. Brown (2)
Memphies : 32 paniers (dont 4 sur 13 à 3 pts) sur 78 tirs - 25 LF sur 38 tentés - 39 rebonds - 19 passes décisives - 14 balles perdues - 28 fautes personnelles.
Marqueurs : Williams (5), Bell (5), Tsakalidis (6), Gasol (17), Watson (2), Jones (8), Battier (14), Miller (13), Humphrey (6), Wright (6), Posey (7), Outlaw (4)
Dans une salle pleine et devant un innombrable aréopage de personnalités venues célébrer "le culte TP" (Tony Parker), c'étaient quasiment les deux cinq majeurs qui débutaient. Preuve que l'aspect promotionnel peut passer au dessus des contingences de pré-saison.
Le double champion olympique de judo David Douillet discute avec les joueurs de l'équipe de France de football Zinedine Zidane, Bixente Lizarazu et Thierry Henry avant d'assister au match opposant les San Antonio Spurs aux Memphis Grizzlies, le 08 octobre 2003 à Palais Omnisports de Paris-Bercy, comptant pour la pré-saison de NBA
Dernière mise à jour de cette page le 06/07/2004